Une unique lueur, Fred Vargas
- Fleur B.

- il y a 2 jours
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La déception causée par le dernier opus des aventures du commissaire Adamsberg nous en faisait attendre avec impatience de nouvelles. Nous voici comblé.e.s avec Une unique lueur, qui, sans être le meilleur Vargas, nous permet de renouer avec un plaisir de lecture singulier : un polar qui tient bien moins à l’enquête elle-même qu’à ses personnages attachants et à leurs méthodes d’investigation peu conventionnelles. Quel plaisir de retrouver la Brigade criminelle du 13ème arrondissement ! Pour les néophytes, Vargas n’omet pas de reposer le décor parisien du commissariat et de brosser en quelques traits adroits la fine équipe. Pour n’en citer que les principaux : l’« élégant et encyclopédique commandant Danglard », l’hypersomniaque Mercadet, la protectrice Retancourt, la nourricière Froissy, le poète Veyrenc et, bien sûr, le commissaire Adamsberg, « dont la mémoire sensorielle singulièrement perméable absorbait en vrac une quantité considérable d’images, d’impressions et de paroles, telle une éponge plongée en mer ».
Dans cette nouvelle enquête, Adamsberg et sa sympathique brigade sont confrontés à un meurtrier particulièrement tortueux, cultivé et insaisissable, un « ovni ténébreux désespérément désespéré » qui s’en prend à de très belles jeunes femmes blondes. D’infimes indices en associations de pensées improbables, l’investigation les mène sur autant de pistes promises à l’impasse que le commissaire entend bien « gratter » jusqu’au bout : « il est bien évident que, quand tu déballes une enquête criminelle avec Nerval, Lauren Bacall et un sifflet sous le bras comme clefs d’investigation, n’importe quel gradé se demande si tu as toute ta raison. » Pour résoudre cette affaire particulièrement retorse, Adamsberg « jonctionne » avec le Bastion (autrement dit le 36, quai des Orfèvres) et une ancienne connaissance, le lieutenant Marcus. L’équipe agrandie par de nouveaux venus est un principe récurrent chez Vargas qui participe du plaisir de la variation, tout comme celui du voyage, qui les conduit cette fois à Los Angeles. L’intrigue suit patiemment chaque « voie d’errance » empruntée par Adamsberg, et elles sont nombreuses. Certains pourraient trouver que c’est long et lent. D’autres se régalent de cette écriture méandreuse et érudite au plus près de son célèbre commissaire flegmatique.
Vargas prouve à nouveau avec talent qu’elle sait « s’extraire de l’ordinaire et subjuguer l’auditoire ». Vivement le prochain !
Une unique lueur, Fred Vargas, Flammarion, 2026, 528 pages, 23 euros.


Quel bonheur de retrouver l’univers et la langue de Fred Vargas . Je me suis laissée embarquer dés le début et ne l’ai plus lâché . J’ai trouvé jubilatoire un polar où le tueur marche dans les pas de Gérard de Nerval , ce qui oblige les enquêteurs à faire de l’interprétation littéraire ! Agir oui, mais aussi penser!
J’ai retrouvé Adamsberg avec bonheur avec ce « quelque chose » qui le turlupine, tapi au fond de sa mémoire-labyrinthe et « foutoir » à la fois mais aux connexions fascinantes ! Les personnalités uniques des membres atypiques de cette brigade me séduisent à chaque fois ! Et j’ai adoré les nouveaux personnages dont les américains fans de B and B ( j’en resterai aux initiales pour ne…