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Nos héritages, Anna Hope

  • Photo du rédacteur: Fleur B.
    Fleur B.
  • il y a 18 heures
  • 2 min de lecture

Si vous aimez Succession et Downton Abbey, Nos héritages ne peut que vous plaire. Le nouveau roman d’Anna Hope noue autour de la mort de Philip Brooke querelles d’héritage, vieilles rancœurs, amours secrètes et révélations tapageuses.


A la mort de son père, Franny hérite du domaine familial, soit 400 hectares et « l’un des plus beaux et plus élégants manoirs de style néogrec d’Angleterre » estimé à 20 millions, sans compter les tableaux de maîtres dont « un des derniers portraits de famille peints par sir Joshua Reynolds », datant de 1789, estimé entre 6 et 8 millions. Elle devrait s’en réjouir mais les droits de succession sont mirobolants et le manoir en piètre état. Pour s’en exonérer, elle espère obtenir le statut patrimonial pour le domaine, car, depuis dix ans, elle œuvre avec son père à son réensauvagement, le « Projet Albion ». Elle doit par ailleurs laisser le cottage où elle vit avec sa fille à sa mère, Grace, pour s’installer dans l’imposante demeure, ce qui ne plaît pas du tout à l’enfant. Autre revers dont elle se serait bien dispensée, son garde-forestier démissionne sans préavis, puisqu’il n’avait pas de contrat en bonne et due forme. Son frère Milo, quant à lui, entend bien obtenir sa part d’héritage pour construire une clinique de luxe : « je suis convaincu qu’en aidant les leaders à aller mieux, on aide le monde à aller mieux ». Enfin, sa sœur Isa invite aux funérailles une trouble-fête, Clara, la fille d’une maîtresse de leur père.


En alternant les points de vue, Anna Hope brosse un portrait nuancé de ses personnages, évitant toute caricature. Chacun se révèle bien plus complexe, plus torturé, que l’impression laissée par le regard d’un autre. Ainsi, Philip, qui apparaît d’abord comme un époux tyrannique et un père absent, est aussi un grand-père aimant, « un homme enchevêtré, complexe, tortueux, mais magnifique ». En cinq journées décisives, chaque personnage, rattrapé par le passé, voit ses projets, ses rêves, ses certitudes vaciller ou renaître. Et la grande Histoire vient demander des comptes à la famille Brooke, propriétaire du domaine depuis sept générations.


Un roman qui aborde de front et avec intelligence des sujets sensibles et contemporains.


Nos héritages, Anna Hope, traduit de l’anglais par Marguerite Capelle, Gallimard, 2026, 445 pages, 24 euros.

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